Coopération USA-Cameroun

 l’armée américaine satisfaite du projet GMC-DRA à l’Université de Dschang

 

L’Université de Dschang et le DEVCOM Army Reserach Laboratory (laboratoire de recherche de l’armée des États Unis d’Amérique) collaborent depuis 2021 sur le projet de recherche baptisé : « Game Theory and Machine Learning For Cyber Deception, Resilience and Agility (GMC-DRA ». Entièrement financé par la partie américaine, il est opéré au sein de l’Unité de Recherche en Informatique fondamentale, Ingénierie et Applications (URIFIA), logé au sein du département de Mathématiques et Informatique, à la Faculté des Sciences de l’UDs. Du 14 au 16 avril 2026, le bâtiment abritant l’École doctorale a servi de cadre à la tenue de l’atelier de clôture officielle dudit projet. À cette occasion, son bilan a été dressé, même si quelques aspects jouent encore les prolongations.

 

 

Le Charles A. Kamhoua, chercheur au sein du DEVCOM Army Reserach Laboratory, a assuré la partie américaine du suivi de ce « voyage scientifique ». Il a marqué de sa présence l’atelier de restitution des résultats. « Il se dégage une impression très satisfaisante. Je suis satisfait de la qualité des publications effectuées dans les journaux et conférences internationales de haut niveau. Je salue la qualité de l’encadrement des enseignants-chercheurs de l’Université de Dschang qui ont été commis chaque semaine à être en ligne pour l’encadrement des doctorants du projet. J’exprime également mon contentement de voir l’aboutissement pour mes collègues du US Army Research Laboratory qui ont bien voulu soutenir ces étudiants », déclare ce scientifique d’origine camerounaise.

Pour le Prof. Marcellin Julius Nkenlifack, coordinateur à l’Université de Dschang de l’aventure « GMC-DRA », la moisson a de quoi inscrire l’institution sur la carte mondiale des destinations de recherche en cybersécurité. Ainsi, indique-t-il : « Toute l’équipe du projet est heureuse des résultats que nous avons pu avoir. Les objectifs ont été atteints. Nous avons de nouveaux modèles et techniques innovants qui ont été proposés pour permettre de rapidement traquer les pirates. Nous avons de quoi anticiper sur leurs attaques, notamment dans les systèmes d’informations des entreprises industrielles et commerciales, des automobiles, des administrations et des armées. »

Déjà treize docteurs au compteur !

Dans son cahier de charges, cette joint-venture scientifique entre les USA et le Cameroun avait pour mission principale de former une cohorte de quinze docteurs en cybersécurité, la première de l’histoire dans une université d’Afrique centrale. « À ce jour, nous avons déjà 12 qui ont soutenu leur thèse. Le 13ème va soutenir dans quelques jours. Les deux derniers sont dans la phase de pré-soutenance. Donc, leurs soutenances vont suivre immédiatement », affirme, joyeux, le coordinateur. Sa plus grande fierté c’est la qualité des travaux scientifiques qui ont été publiés par les doctorants et leurs encadreurs.

En termes statistiques, ce sont  25 articles qui ont pu trouver une place dans les revues de « classe A » dans le cadre du « GMC-DRA project ». « Nous avons des publications qui ont été présentées dans les plus grands journaux du monde dans le domaine de la cybersécurité. C’était d’ailleurs une des exigences dans le cahier de charges du projet dès le départ. Tous ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour avoir les publications de très haute facture dans les journaux IEEE. Je crois que c’est un très grand motif de fierté pour un laboratoire de recherche », assure le Prof. Nkenlifack. Les revues scientifiques IEEE représentent dans la science ce que la FIFA World Cup signifie pour le football. Ce sont les plus prestigieuses et les plus influentes au monde dans les domaines des technologies de l’information, de l’électronique et du génie électrique.

Huit « best paper prizes »

Pendant leurs années de thèse, les doctorants, qui bénéficiaient déjà tous d’une bourse mensuelle, participaient à des conférences internationales aux frais du projet. « Je vais vous surprendre en vous disant qu’on en a au moins huit qui ont obtenu à chaque fois le « best paper prize » à ces grands rendez-vous de la discipline. C’est dire qu’ils ont fait la meilleure communication et ont été primés par des jurys composés des plus grands experts. Et cela nous donne envie aujourd’hui d’aller vers nos populations pour leur dire qu’elles ont des enfants brillants, des enfants valables qui ont apporté des solutions qui révolutionnent la science », conclut le Prof. Nkenlifack.

Quid de la valorisation des résultats scientifiques du projet ? En attendant que les pouvoirs publics camerounais s’en saisissent, l’armée américaine y voit une mine d’or. « La cyber déception est d’une importance capitale pour nous et les papiers publiés présentent un grand intérêt pour notre laboratoire », assure le Le Charles A. Kamhoua. Quant aux Docteurs formés, certains écrivent déjà les pages de leur carrière d’enseignant-chercheur dans les universités européennes. Le Dr Kamouha va en prendre une vague en « post-doctorat » au sein du DEVCOM Army Reserach Laboratory. Il émet le vœu de voir ceux qui résident encore au Cameroun se faire enrôler dans les universités camerounaises pour continuer l’œuvre de formation des chercheurs de haut niveau en cybersécurité. La création d’un Master Recherche dédié exclusivement à cette spécialité de l’informatique à l’UDs est fortement recommandé par la partie américaine. Une fois encore, l’Université de Dschang s’impose comme l’épicentre de la coopération universitaire entre les USA et le Cameroun.