Le Professeur Théophile NGUIMFACK VOUFO
La crise du financement des institutions communautaires en Afrique, en s’appuyant sur le cas de la suspension d’activités au sein de la Commission de la CEMAC.
À la question de savoir si l’Afrique a oublié que l’intégration communautaire est une entreprise de haute ambition dont le succès exige d’importantes ressources financières, le Maître de Conférences Agrégé de Droit public donne la réponse d’après laquelle le traitement accessoire réservé à la question de financement dans le droit communautaire explique, à lui seul, le fonctionnement pathologique des institutions d’intégration. Pourtant, l’annonce d’une suspension d’activités à la Commission de la Communauté Économique et Monétaire des États d’Afrique Centrale (CEMAC) a suscité de vives émotions. En effet, dans une note circulaire du 05 février 2026 adressée aux gouvernements des États membres, le président de la Commission leur annonça la suspension provisoire de l’ensemble des activités et missions de cet organe, à l’exception de celles jugées « hautement stratégiques ». De plus, il a indiqué que les analyses régulières des comptes présentées lors des sessions du Conseil des ministres de l’Union Économique d’Afrique Centrale (UEAC) et des réunions du Collège des Commissaires, montrent une dégradation continue des finances communautaires. Cette situation fut jugée si préoccupante et de nature à compromettre le fonctionnement normal des institutions de la CEMAC, y compris celui de la Commission.
Ce problème qui est révélateur d’une crise structurelle (au-delà de son caractère budgétaire), suscite une interrogation sur ce que dévoile la paralysie financière de la Commission de la CEMAC sur l’état de santé du processus communautaire en Afrique. Le Professeur Théophile NGUIMFACK VOUFO décrypte cette question sur deux paliers. Le premier révèle que la crise institutionnelle observée est liée à une approche souverainiste de financement du budget communautaire. La seconde quant à elle, exprimant l’incidence d’une conception réductionniste du projet communautaire.
Telle est la substance de la pensée communicationnelle de l’expert, connu par ailleurs pour ses travaux sur le droit budgétaire, la transparence
fiscale dans le secteur minier, la performance des finances publiques, la question de la certification des comptes publics, la solidarité nationale dans le constitutionnalisme des États d’Afrique
francophone et plus récemment, sur les questions d’externalisation
du recouvrement des impôts en Afrique.

