Université de Dschang
L’entrepreneuriat vert féminin à l’honneur avec le lancement du projet IYBA-WE4A
L’auditorium Joseph Fondjo de l’Université de Dschang (UDs) ce 6 août 2026 a vibré ce jeudi au rythme de l’innovation durable. En partenariat avec la Coopération internationale allemande (GIZ), l’institution académique a officiellement lancé la campagne d’information du projet IYBA-WE4A (Investing in Young Businesses in Africa – Women Entrepreneurship for Africa). Portée par le Centre d’Appui à la Technologie, à l’Innovation et à l’Incubation (CATI²-UDs), cette initiative financée par la GIZ s’étalera de juillet 2026 à septembre 2027 avec un objectif ambitieux : former et accompagner 90 femmes entrepreneures de la région de l’Ouest vers une transition écologique performante.
Devant un parterre de plus de 35 fondatrices d’entreprises, de cadres universitaires et de représentants institutionnels, la cérémonie a scellé une alliance stratégique entre le monde académique et le secteur privé pour répondre aux défis climatiques et économiques locaux.
Ouvrant les travaux au nom du Recteur, le Colonel Professeur Martin Tchamba, Coordonnateur du CATI²-UDs, a réaffirmé l’engagement de l’université envers son « troisième pilier » : le service direct à la communauté. « Les femmes sont le pilier de nos économies et de nos familles. Pourtant, elles se heurtent à des obstacles systémiques, allant du manque d’outils de gestion au difficile accès au financement. Ce projet est conçu précisément pour faire tomber ces barrières », a-t-il déclaré.
De son côté, le Délégué départemental du MINPMEESA, M. Remi Pascal Tabou, a rappelé que le soutien à l’entrepreneuriat féminin s’inscrit au cœur de la Stratégie Nationale de Développement (SND30) du Cameroun, axée sur la transformation structurelle et la croissance inclusive.
M. Émile Lando, Country Lead pour la GIZ et l’équipe WE4A, a exhorté les participantes à dépasser le stade des formations génériques pour cibler leurs manques opérationnels réels. Il a rappelé que la croissance moderne doit impérativement préserver les ressources naturelles et invité les participantes à devenir des « ambassadrices » du développement durable dans la région.
Le programme cible prioritairement des secteurs d’avenir : l’agribusiness durable, les énergies renouvelables, l’économie circulaire, la gestion des déchets, l’économie bleue, l’écotourisme, la construction écologique et la logistique verte.
L’un des temps forts de la journée a été le panneau de discussion réunissant trois figures de l’entrepreneuriat local :
Mme Adelaide Mingo (Era Trade) : Partie d’une volonté de valoriser le travail des agricultrices rurales, elle commercialise aujourd’hui 13 produits transformés. Son message clé : « La compétence et la structuration doivent précéder les investissements. Sans connaissances, le capital s’évapore. »
Mme Jacqueline Kamsu (Leicky) : Lauréate de la première cohorte du CATI²-UDs, elle est pionnière de la transformation des déchets en bijoux faits main à Bamenda et a formé plus de 250 femmes après avoir démarré sans moyens financiers. Elle a démontré que la passion et la persévérance permettent d’outrepasser l’absence de financements traditionnels.
M. Gaëtan Zefack (Zef Agri) : Ayant débuté avec un demi-hectare de terre, il a bâti une exploitation florissante grâce à la vente directe. Il conseille aux émergents de commencer petit, avec des cultures à cycle court, et de miser avant tout sur le renforcement des capacités.
Clôturée par les interventions de M. Gabin Djeudji et du Dr Romary Ngnipa du CATI²-UDs, cette journée d’échange marque le point de départ d’une mobilisation régionale d’envergure. Les femmes entrepreneures de l’Ouest sont désormais invitées à postuler massivement dès que l’appel à candidature sera lancé afin de bâtir les championnes économiques durables de demain.

