Journée internationale du sport universitaire
Le sport au cœur des réflexions sur l’entrepreneuriat et l’inclusion sociale
À l’Université de Dschang, la célébration de la 11ᵉ Journée internationale du sport universitaire a donné lieu à une réflexion scientifique autour du rôle du sport dans la construction d’une société plus inclusive et dans la promotion de l’entrepreneuriat.
« Sport universitaire : catalyseur de l’Entrepreneuriat et de l’Inclusion Sociale pour l’émergence du Cameroun ». C’est autour de ce thème que s’est articulé le panel organisé dans le cadre de la partie scientifique de la célébration de la 11ᵉ Journée internationale du sport universitaire.
Modérée par le Directeur de Radio Campus, la rencontre a réuni plusieurs intervenants aux profils complémentaires, invités à croiser leurs expériences et leurs analyses sur les rapports entre sport, inclusion et entrepreneuriat.
Le sport universitaire, un espace aux multiples dimensions
Pour planter le décor, M. Hervé Diane Ninkeu, Chef Service du Sport à l’Université de Dschang, est revenu sur le concept de sport universitaire et sur ses spécificités au sein de l’institution.
Selon lui, le sport universitaire à l’Université de Dschang s’organise autour de trois principaux axes : la pratique d’entretien et de loisir, les compétitions internes et nationales, ainsi que le sport de haut niveau. Cette organisation offre aux étudiants la possibilité de concilier formation académique et pratique sportive.
Cette conception rejoint, selon l’intervenant, les orientations de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030, notamment celles relatives au développement du capital humain et au bien-être, qui accordent une place à la promotion du sport comme facteur de santé publique et de cohésion sociale.
Faire du sport universitaire un véritable levier d’inclusion
Prenant la parole à sa suite, le Dr Alphonse BÉA, historien du sport et acteur dans des organisations caritatives en faveur des personnes vivant avec un handicap, a invité à dépasser la seule logique des podiums et des performances.
À ses yeux, le sport universitaire doit également contribuer à une valorisation globale de la personne humaine et garantir une reconnaissance équitable de tous les participants. Il a notamment plaidé pour une meilleure prise en compte des athlètes vivant avec un handicap dans les compétitions universitaires.
Parmi les propositions formulées figurent l’institutionnalisation des para-jeux dans toutes les disciplines, le renforcement de la participation féminine ainsi que la création d’une caisse de bourses dénommée « Talent J.U », destinée à soutenir les athlètes issus de milieux défavorisés.
Abordant plus largement la question de l’inclusion sociale, le Dr Alphonse BÉA a présenté les Jeux universitaires comme un véritable laboratoire du vivre-ensemble. Ils réunissent en effet des étudiants issus de différentes régions, communautés linguistiques et catégories sociales. Sur les terrains, souligne-t-il, « Anglophones et francophones portent le même maillot de leur université ». Une réalité qui illustre, selon lui, la capacité du sport à créer des espaces de rencontre et de fraternité. Sa définition de l’inclusion résume cette vision : « L’inclusion sociale, c’est faire en sorte que personne ne reste sur le banc de touche de la société. »
Gabin Deudji : faire du sport un véritable vivier entrepreneurial
La dimension entrepreneuriale a été développée par Gabin Deudji, expert du CATI², qui considère le sport comme un important vivier de création de revenus et d’opportunités professionnelles.
Partant du constat que les potentialités économiques du secteur restent encore insuffisamment exploitées en Afrique subsaharienne, l’expert a appelé les acteurs du sport à davantage d’innovation.
Il a notamment évoqué plusieurs pistes : la création de services spécialisés, à l’instar du suivi kinésithérapique des sportifs, le développement de jaquettes intelligentes permettant d’enregistrer certains paramètres des joueurs, mais également l’exploitation des possibilités offertes par le numérique et l’événementiel sportif.
Pour Gabin Deudji, l’enjeu est de permettre au sportif de valoriser ses compétences et son expérience sur les aires de jeu comme en dehors, en transformant les besoins du monde sportif en opportunités d’affaires.
Il a également appelé à une réflexion sur la mise en place d’incubateurs dédiés au sport et à l’entrepreneuriat sportif, afin d’accompagner les porteurs de projets et de structurer davantage cet écosystème.
Dr Fomini Jean : « Un vrai sportif est un entrepreneur de la résilience »
Le Dr Fomini Jean, Chef d’atelier de tennis à l’Université de Dschang, a pour sa part établi un parallèle entre les exigences du sport de haut niveau et celles de l’entrepreneuriat.
Son intervention s’est articulée autour d’une idée forte : le sportif développe une capacité particulière à rebondir face à l’échec.
Fort de son expérience, il a expliqué que l’athlète apprend à accepter la défaite, à analyser ses insuffisances et à se remettre rapidement au travail pour relever de nouveaux défis. Une disposition qui, selon lui, constitue un atout dans l’aventure entrepreneuriale, où les difficultés et les revers peuvent également jalonner le parcours du porteur de projet. Le sport favorise par ailleurs la constitution de réseaux et de relations susceptibles d’être transformés en opportunités économiques. Le conférencier a notamment évoqué le cas d’un équipementier qui identifierait les besoins de ses camarades sportifs et déciderait de leur proposer des équipements adaptés.
Du terrain de sport au terrain de l’entrepreneuriat
Au terme des échanges, une idée majeure s’est dégagée : le sport universitaire ne se limite pas à la compétition et à la recherche de performances. Il constitue également un espace d’apprentissage, de socialisation, de création de réseaux et de développement de compétences susceptibles d’être mobilisées dans la vie professionnelle et entrepreneuriale.
Cette rencontre a ainsi constitué l’un des temps forts de la célébration de la 11ᵉ Journée internationale du sport universitaire, en ouvrant le débat sur les moyens de faire du sport universitaire un véritable levier de développement individuel et collectif.

