Industrialisation Vs Environnement 

Pleins phares sur la meilleure thèse de doctorat de la Dschang School of Economics and Management de l’année 2025-2026

Peut-on produire plus intelligemment pour avoir une économie moins destructrice de l’environnement ? C’est la question au cœur de la thèse du Dr Arsene Mouongue Kelly, lauréat du prix 2025-2026 de la meilleure thèse de doctorat au sein de la Dschang School of Economics and Management, démembrement de l’École Doctorale de l’Université de Dschang. Soutenue le 16 janvier 2026 sous la direction du Prof. Luc Nembot Ndeffo, cette recherche s’intitule : « The Effect of Economic Complexity on Environmental Sustainability in Sub-Saharan Africa: An Analysis in Three Essays ». C’est un travail relevant des Sciences économiques.

Dans sa réflexion, le chercheur examine les mécanismes par lesquels la transformation structurelle des économies d’Afrique subsaharienne peut contribuer à la durabilité environnementale. L’objectif consiste à déterminer si le passage d’activités peu productives et fortement dépendantes des ressources naturelles vers des structures de production plus diversifiées, sophistiquées et à forte intensité de connaissances peut réduire les pressions exercées sur l’environnement. Autrement dit, la transformation et la sophistication des économies africaines peuvent-elles contribuer à la préservation de l’environnement ? « Pour traiter la problématique, nous l’avons subdivisée en trois objectifs spécifiques, chacun correspondant à une recherche indépendante que nous avons appelée « essai » ». Ces trois essais portent respectivement sur : (1) l’empreinte écologique, (2) l’épuisement des ressources naturelles et (3) le changement climatique en Afrique subsaharienne », indique-t-il.

Pour répondre à cette question, Dr Arsene Mouongue Kelly a analysé des données couvrant 33 pays d’Afrique subsaharienne sur la période 1998-2022. Il a mobilisé des sources telles que la Banque Mondiale, l’Observatoire de la Complexité Économique, le Global Footprint Network, les Indicateurs Mondiaux de Gouvernance et le Fonds Monétaire International, l’Emergency Events Database, entre autres. Ces différentes sources lui ont permis d’examiner les relations entre la transformation économique, l’exploitation des ressources naturelles et la durabilité environnementale.

Résultats et recommandations

Les résultats montrent une relation en deux temps entre complexité économique et empreinte écologique. Dans un premier temps, la complexité économique augmente l’empreinte écologique. Puis, au-delà d’un certain seuil de sophistication, elle contribue à la réduire. Elle limite par ailleurs l’épuisement des ressources énergétiques, forestières et minières. Enfin, elle concourt à l’atténuation des changements climatiques, notamment par le capital humain, la qualité des institutions, le numérique et les technologies propres.

L’auteur en tire quatre recommandations : aligner les politiques industrielles sur les objectifs environnementaux ; renforcer l’investissement dans le capital humain et le numérique ; améliorer la gouvernance environnementale ; intensifier la coopération régionale autour des technologies propres. Ces orientations visent ainsi à accompagner la transformation des économies d’Afrique subsaharienne tout en renforçant leur contribution à la durabilité environnementale.

Une vulgarisation offensive

Le Dr Arsène Mouongue Kelly a valorisé ses travaux de thèse dans des revues reconnues. En 2026, il a publié « Reducing depletion, protecting natural resources in Africa: Beyond the direct role of e-government » dans « Land Use Policy ». La même année, il a fait paraître « Can Climate Finance Improve Agricultural Productivity? Evidence From African Countries » dans « Sustainable Development ». En 2025, il a signé « Aid or sanction? Comparing the effectiveness of climate finance and environmental taxation in mitigating environmental degradation in Africa » dans « Innovation and Green Development ». Enfin, il a publié trois articles en 2024. Le premier, « Battling for food security in Africa: Is climate finance the missing bullet? », est paru dans « World Food Policy ». Le deuxième, « Understanding the nexus: economic complexity and environmental degradation in Sub-Saharan Africa », a été diffusé dans Clean Technologies and Environmental Policy. Le troisième, « Investigating the link between exhaustion of natural resources and economic complexity in sub-Saharan Africa », est sorti dans « l’African Development Review ».

Né le 27 avril 1996, Dr Arsene Mouongue Kelly, anglophone d’expression, obtient le General Certificate of Education Advanced Level au Lycée bilingue de Dschang en 2013. Il s’inscrit ensuite à l’Université de Dschang, au titre de l’année académique 2013-2014, à la Faculté des Sciences économiques et de gestion, où il obtient en 2016 une Licence en sciences économiques. Il poursuit son parcours à l’Université de Bamenda, où il décroche en 2019 un Master en économie. Il revient ensuite à l’Université de Dschang pour un second Master, en économie mathématique, qu’il finalise en 2022. Il occupe aujourd’hui un poste de chercheur postdoctoral au Department of Statistics and Population Studies de l’Université du Western Cape, en Afrique du Sud. Au moment où le Cameroun travaille à accélérer son industrialisation, ses travaux devraient éclairer quelques prises de décisions.