Émulation scientifique

La Faculté des Sciences de l’Université de Dschang explore le potentiel de l’hydrogène vert au Cameroun.

Le Centre de Développement du Numérique Universitaire de l’Université de Dschang a abrité ce jour, l’ouverture de la conférence organisée par le DAAD _(Deutscher Akademischer Austauschdienst)_ à travers le Département des énergies renouvelables de la Faculté des Sciences, sur le thème intitulé :_*« L’avenir de l’hydrogène vert pour un développement énergétique durable au Cameroun »*_. La cérémonie solennelle a été présidée par Madame le *Professeur Clautilde MOFOR*, Doyenne de ladite Faculté, représentant le Recteur de l’Université de Dschang. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du développement du réseau des alumni du DAAD, service allemand d’échanges universitaires, qui soutient depuis plusieurs années la coopération avec l’Université de Dschang à travers un lectorat rattaché à l’institution, l’appui à l’enseignement de l’allemand et aux études interculturelles, ainsi que le financement de mobilités et de projets de recherche conjoints. Portée par le Département des énergies renouvelables, elle se veut une plateforme multidisciplinaire réunissant chercheurs, universitaires, ingénieurs, décideurs publics, opérateurs privés, investisseurs, étudiants et société civile.

L’initiative intervient dans un contexte national marqué par la volonté d’améliorer l’accès à l’énergie, de renforcer la sécurité énergétique et de réduire la dépendance aux sources fossiles. Si l’hydroélectricité demeure prépondérante dans le mix, grâce à un important potentiel hydrographique, le pays dispose également de ressources considérables en solaire, éolien et biomasse dont la contribution au réseau reste encore marginale. Pour y remédier, le gouvernement déploie progressivement des centrales solaires et éoliennes ainsi que des solutions photovoltaïques modulaires. L’instabilité de l’approvisionnement, la fragilité des infrastructures et le coût élevé du thermique continuent toutefois de contraindre le développement économique et industriel.

Dans cette perspective, l’hydrogène vert s’impose comme un vecteur stratégique. Produit par électrolyse de l’eau à partir d’électricité d’origine renouvelable, il peut être stocké, transporté puis reconverti en électricité au moyen de piles à combustible, avec des applications dans l’industrie, les transports et le stockage. Il offre ainsi la possibilité de mieux valoriser les ressources renouvelables, de réduire les émissions de gaz à effet de serre et d’accroître la résilience du système énergétique, notamment pour les secteurs difficiles à décarboner et pour l’émergence d’une mobilité urbaine propre, y compris des projets de transport collectif durable.

Le Cameroun présente à cet égard des atouts indéniables, à savoir un fort ensoleillement, d’abondantes ressources hydriques, une façade atlantique, des gisements éoliens localisés et une biomasse disponible. Des obstacles persistent néanmoins, liés au coût actuel de production, au déficit d’infrastructures adaptées au stockage et au transport, ainsi qu’à l’absence d’un cadre réglementaire et institutionnel dédié.

C’est précisément pour apporter des réponses à ces défis que la conférence a été conçue. Elle interroge les voies de valorisation du potentiel renouvelable pour une production à grande échelle, les technologies les plus adaptées au contexte local, les matériaux et systèmes susceptibles d’améliorer l’efficacité tout en réduisant les coûts, les retombées économiques, sociales et environnementales d’une filière nationale, ainsi que les politiques publiques et les mécanismes d’intégration dans les chaînes de valeur régionales et internationales. Les travaux s’articulent autour de quatre axes complémentaires couvrant les matériaux pour le développement énergétique durable, la production et la valorisation de l’hydrogène vert, les politiques énergétiques et la planification, et la production durable de l’énergie.

La leçon inaugurale, prononcée avant le démarrage des communications thématiques par le Professeur TCHAYA Guy Bertrand, Chef du Département des énergies renouvelables de la Faculté des Sciences, a planté le décor scientifique de ces échanges. Le comité local d’organisation est présidé par le Professeur Christian KENFACK SADEM, responsable de l’Unité de Recherche en Matières Condensées et Traitement du Signal au Département de Physique. Ouverts ce jour, les travaux se poursuivront demain pour s’achever le 10 septembre 2026.