Diabète

  Une thèse de Pharmacie soutenue à l’UDs évalue les effets indésirables des médicaments au Cameroun

Chacun connaît, dans sa famille, au moins une personne vivant avec le diabète. Cette pathologie chronique a fait l’objet de plusieurs travaux scientifiques des étudiants de la Faculté de Médecine et des Sciences pharmaceutiques de l’Université de Dschang au cours de l’année 2025-2026. Il y a, par exemple, le travail d’Ariane Yimta intitulé : « Distribution des événements indésirables associés à l’exposition aux antidiabétiques chez les patients vivant avec le diabète suivis dans la région du Centre du Cameroun ». Elle a soutenu cette thèse d’exercice le 17 juillet 2026, en vue de l’obtention du diplôme de Docteur en pharmacie.

Le problème traité dans cette thèse est celui de la survenue des effets indésirables médicamenteux liés aux traitements antidiabétiques et de leur prise en compte dans la prise en charge des patients diabétiques au Cameroun. Réalisée dans six districts de santé de la région du Centre, cette étude a été conduite sur une période de neuf mois, avec une collecte des données effectuée de mars à mai 2026. Elle a porté sur 302 patients diabétiques et 37 professionnels de santé.

Les résultats montrent que 18,5 % des patients, soit près d’un patient sur cinq, ont présenté un événement indésirable associé à leur traitement antidiabétique. Parmi ces événements, l’hypoglycémie se présente comme la manifestation la plus fréquente, représentant 48,2 % des cas rapportés. Les patients vivant avec un diabète de type 1 présentent, par ailleurs, un risque plus élevé de manifester un événement indésirable médicamenteux.

Des déficiences chez les professionnels

Sur le volet consacré aux professionnels de santé, le Dr Yimta indique que 48,6 % d’entre eux ont des connaissances jugées insuffisantes concernant la détection, l’identification et la notification des événements indésirables médicamenteux. La thèse recommande ainsi de renforcer l’éducation thérapeutique des patients, la surveillance des événements indésirables médicamenteux et l’intégration de l’observance thérapeutique dans les programmes de lutte contre les maladies non transmissibles. Mieux, une étude à spectre national devrait être menée pour évaluer la prévalence et l’impact de ces événements.

Pour le Dr Sylvain Raoul Simeni, médecin-interniste et codirecteur de cette thèse avec le Prof. Jérôme Atedjieu, le travail accompli par la désormais Docteure en pharmacie Yimta montre les enjeux de la pharmacovigilance dans la prise en charge du diabète. Car ces effets indésirables « diminuent l’observance, c’est-à-dire la capacité d’un malade à prendre correctement ses médicaments prescrits par le médecin-traitant. Cela va entrainer un mauvais contrôle de la maladie. Les médecins doivent donc se rassurer que leurs patients vivant avec le diabète ne présentent pas d’effets indésirables liés aux médicaments. Si c’est le cas, il faut le notifier aux services en charge de la pharmacovigilance. On peut aussi suspendre le médicament incriminé pour le substituer ».

Pour ce que cette thèse apporte à la santé publique camerounaise, le jury l’a acceptée. Ce panel d’évaluation a été présidé par le Prof. Siméon Pierre Choukem, médecin-interniste et endocrinologue. Il a indiqué que le diabète constituait son « sujet de tous les jours » dans son travail de clinicien et sur le terrain de la recherche. Le Dr Fanny-Aimée Essombe Malolo, en posture d’examinatrice, a également fait partie de l’équipe d’évaluation.

À travers ce travail, l’Université de Dschang contribue ainsi à la production de données utiles à l’amélioration de la pharmacovigilance sur le diabète au Cameroun.