Aphrocrin
Un résultat de recherche contre les dysfonctions sexuelles masculines
À Mfou, dans le département de la Mefou et Afamba, une sexagénaire utilise, depuis plusieurs années, des plantes et fruits pour préparer une décoction que viennent chercher des hommes souffrant de dysfonctions sexuelles de tous ordres. Les témoignages de ces patients discrets indiquent un taux élevé de recouvrement de leur « puissance d’antan ». Une fois étudiante en pharmacie à l’Université de Dschang, la fille de cette détentrice de savoirs thérapeutiques traditionnels, Linda Abieme Mbah, décide de comprendre et d’expliquer comment et pourquoi ces deux substances végétales (Crinum zeylanicum et Aframomum melegueta) contribuent autant à régler des problèmes rencontrés par 57 % de la population masculine adulte au Cameroun.
Après plusieurs mois passés au laboratoire à faire des tests sur des rats Wistar, la désormais Docteure en pharmacie arrive à la conclusion que l’association des extraits de ces deux composantes végétales a effectivement les effets thérapeutiques attendus sur les dysfonctions sexuelles masculines. Elle fait une formulation et une mise en gélules. La thèse de pharmacie qui a résulté de ce processus a pour titre : « Essai de Formulation d’un Médicament Traditionnel Aphrodisiaque à Base De Feuilles de Crinum zeylanicum (Amarillydaceae) et Aframomum melegueta (Zingiberaceae) ». La soutenance a eu lieu le 16 juillet 2026 à la Faculté de Médecine et des Sciences pharmaceutiques.
Le médicament traditionnel ainsi formulé et mis en gélules a pour nom : « Aphrocrin ». Si la consommation des aphrodisiaques vendus en pharmacie se fait avant les rapports sexuels, la solution du Dr Abieme Mbah est appelée à être consommée comme un médicament sur plusieurs jours, indépendamment de l’activité sexuelle, sous prescription médicale. Il s’agit donc de corriger un déficit. Le jury constitué par la FMSP a accepté ce travail scientifique et a salué la présence en salle de la génitrice de la lauréate. Cette dernière a exprimé sa fierté de voir ses pratiques traditionnelles servir de point de départ à une étude scientifique rigoureuse. C’est la preuve de ce que l’Université de Dschang construit tous les jours des ponts avec ceux qui, sans avoir la casquette d’universitaire, sont détenteurs de savoirs utiles.
Le Prof. Télesphore Nguelefack, le Prof. Léon Tapondjou Azefack et le Dr Fanny-Aimée Essombe Malolo ont formé un trio pour encadrer ce travail de recherche. Ils sont unanimes sur le fait que des études supplémentaires restent à mener sur ce médicament avant d’envisager le parcours devant aboutir à son homologation. De même, le matériel végétal qui a servi de base au travail du Dr Abieme Mbah pourrait avoir d’autres vertus thérapeutiques qu’il faut scientifiquement identifier. Pour toutes ces raisons, ils encouragent la jeune pharmacienne à envisager un parcours académique supplémentaire.

