Communication sur la santé
Au cœur de la meilleure thèse de Doctorat de la Dschang School of Arts and Social Sciences en 2025-2026
Pour l’année académique 2025-2026, le prix de la meilleure thèse de Doctorat de la Dschang School of Arts and Social Sciences (DSASS), démembrement de l’École doctorale de l’Université de Dschang, revient au Dr Ambelem Tangyie Aya-Nwi. Le jeune chercheur a soutenu, le 20 mars 2026, une thèse intitulée : « A Sociolinguistic Analysis of Social Communication and Social Conflict within the Health Domain in the Multilingual Context of Cameroon ». Ce travail de linguistique appliquée a été réalisé au sein du département d’Études Africaines et Mondialisation, sous la direction du Prof. Emmanuel Nforbi.
La recherche examine les mécanismes par lesquels la langue et les identités qu’elle véhicule influencent la confiance, l’accès aux soins et les décisions de santé des Camerounais. L’étude s’appuie sur des données recueillies durant quatre années à Dschang, Bamenda et Douala, à partir de 500 réponses à un questionnaire et 100 entretiens semi-directifs. Le chercheur s’est notamment intéressé aux attitudes des usagers à l’égard du système de santé pendant deux périodes critiques : le déclenchement du conflit armé lié à la crise anglophone et la pandémie de la COVID-19.
Les résultats mettent en évidence une prise en compte encore insuffisante des réalités culturelles et linguistiques dans le système de santé camerounais. Selon le Dr Tangyie, l’identité culturelle des publics constitue un facteur central de la communication en santé. La famille et les amis représentent par ailleurs la principale source d’information sanitaire pour la plupart des Camerounais, devant les professionnels du secteur. L’exclusion linguistique produit également des effets concrets : les messages diffusés uniquement en français ou en anglais excluent environ 60 % des Camerounais, avec un impact particulièrement marqué sur les populations rurales et les groupes défavorisés.
Une communication sur la santé à remodeler
Pour répondre à ces défis, trois grandes orientations se dégagent des recommandations formulées dans la thèse. La première invite à placer la résolution des conflits au cœur de la conception des messages de santé, en privilégiant une démarche décentralisée fondée sur les structures communautaires et traditionnelles plutôt qu’une approche strictement descendante. La deuxième propose des « approches identitaires délocalisées » : au lieu d’un message national uniforme, il s’agit de concevoir des contenus adaptés aux identités culturelles et sociales des différentes populations. La troisième recommande l’intégration effective des praticiens de la médecine traditionnelle africaine dans les structures de recherche et de soins, au-delà de leur seule reconnaissance dans les textes.
Né le 17 mars 1999 à Bafoussam, le Dr Tangyie, d’expression anglaise, mène sa scolarité entre Bafut, dans le Nord-Ouest, et sa ville de naissance. Il obtient le GCE/AL en 2015 au Lycée bilingue de Bafoussam, puis rejoint l’Université de Bamenda, où il décroche un Bachelor’s Degree en 2018. En 2019, il poursuit son parcours à l’Université de Dschang, où il s’inscrit en Master de linguistique appliquée au département d’Études Africaines et Mondialisation.
À 27 ans, son parcours le conduit ainsi au grade de Docteur dans une discipline dont les travaux se proposent d’accompagner les politiques de développement. Son travail devrait particulièrement aiguiller la conception et la mise en œuvre des campagnes de santé publique et l’organisation des services d’accueil des hôpitaux au Cameroun. Le néo-Docteur consacre aujourd’hui une partie de son temps à la santé communautaire, tout en nourrissant une ambition claire : entamer une carrière dans l’enseignement et la recherche universitaires.

