Sciences de l’Information et de la Communication

Sur quoi portent les mémoires de Master de juillet 2026 à l’Université de Dschang ?

D’après le Prof. Alexandre Djimeli, chef d’orchestre de la conception du programme des Sciences de l’Information et de la Communication (SIC) à l’Université de Dschang, le choix d’une singularité thématique a été fait dès le départ pour distinguer les produits de l’UDs de ceux formés dans d’autres institutions. Ainsi, aussi bien dans les enseignements qu’ils reçoivent que dans leurs travaux de recherche, les étudiants sont moulés autour du triptyque : « Territoires, Patrimoines et Industries culturelles ». Les mémoires de Master Recherche, 21 au total, soutenus du 14 au 16 juillet 2026 au sein de la Bibliothèque centrale, s’inscrivent, pour l’essentiel, dans ces axes. Faisons une revue non exhaustive.

Territoires et dynamiques de communication locale

L’ancrage territorial et les pratiques de gouvernance locale ont irrigué une part importante des travaux. Ainsi, Trésor Ndipatchou Ndjajeu s’est penché sur l’élection présidentielle de 2025 au Cameroun et a proposé un volume intitulé : « Le local dans la communication numérique des candidats à l’élection présidentielle 2025 au Cameroun ». Dans une démarche complémentaire, Annaëlle Gladis Yumdom Fotso a analysé la « Communication territoriale en contexte de crise au Cameroun : discours et dynamiques de (dé) mobilisation des maires de la région de l’Ouest durant la crise électorale 2025 sur les réseaux sociaux numériques ». Quant à Rina Myris Kuissu Tienou, elle a examiné la « Communication numérique et construction de l’image de marque des ONG locales : le cas de TOCKEM ».

Patrimoines, identités et valorisation locale

La mémoire collective, la langue et les ressources des territoires constituent un deuxième pilier d’analyse. Dans cet axe, Narcisse Stelle Ngnintedem Kaze a défendu des résultats de recherche sur les « Technologies numériques et valorisation des parlers locaux : le cas de la circulation du Camfranglais sur Facebook ». Pour sa part, Danielle Mache Njondzo a étudié la « Communication identitaire et labellisation comme piliers dans la construction de la valeur symbolique du riz de Koutaba ». Dans le même axe, Orlane Nganka a exploré les enjeux de la communication interculturelle en contexte de crise. Son mémoire a pour titre : « Entre diversité linguistique et cohésion sociale : la communication interculturelle dans l’intégration des déplacés de la crise anglophone à Dschang ».

Industries culturelles, créatives et médiatiques

Enfin, l’observation des mutations des médias, des arts et des réseaux numériques a révélé toute la complexité des écosystèmes culturels émergents. Se situant dans cette perspective, Elfred Kevine Seudjo Sawouo s’est intéressée à l’intégration du numérique dans la production des contenus de la radiodiffusion locale. Son travail est intitulé : « La radio face à la montée de la digitalisation dans la ville de Dschang : cas de radio Yemba (98.0 FM) ». Sur le terrain des arts et des représentations digitales, Armel Njeng Mbong a traité de « La diffusion des arts plastiques à l’ère de la transition technologique : une lecture à partir de la région de l’Ouest ». Quant à Narcisse Nansong, il a questionné une pratique qui domine l’actualité sur le cyberespace camerounais : la prise de parole d’une catégorie de locutrices qui se présentent comme des « influenceuses » et dont le métier « réel », souvent méconnu, ne saurait justifier le train de vie affiché dans les vidéos diffusées quotidiennement. Le jury s’est dès lors montré convaincu par le mémoire intitulé : « Mise en visibilité et normalisation sociale de la prostitution à l’ère du numérique : cas des influenceuses numériques camerounaises ».

Comme on peut le voir, les études sur les questions d’intérêt local et sur des phénomènes récents ont aiguisé les regards de cette cuvée de jeunes chercheurs. Cette approche permet à l’Université de Dschang de proposer des travaux originaux à la communauté internationale des Sciences de l’information et de la communication. C’est un enjeu à l’ère où l’intelligence artificielle propose de rédiger entièrement des mémoires et thèses.