À Brazzaville

Des jeunes chercheurs de l’Université de Dschang remportent le premier prix d’un hackathon environnemental de l’OIF

L’expertise des chercheurs en agronomie de l’Université de Dschang s’illustre une nouvelle fois à l’international. L’équipe EcoPulse, composée de jeunes ingénieurs issus de la formation de la Faculté d’Agronomie et des Sciences Agricoles (ils ont été en partie formés à l’Université des Montagnes), a remporté, sous les couleurs du Cameroun, le premier prix du hackathon à ciel ouvert des premières Journées Francophones d’Innovation Environnementale en Action dans le Bassin du Congo (JFIEA). Les résultats ont été proclamés le 5 juin 2026 à Brazzaville, au terme de cinq jours de cette compétition organisée par l’Organisation Internationale de la Francophonie.

Réunissant six équipes venues du Cameroun, de la République Centrafricaine, de la République du Congo, de la République Démocratique du Congo, du Gabon et de la Guinée équatoriale, le concours portait sur le thème : « Recycler et innover : la jeunesse francophone au service d’une agriculture durable ». Les participants devaient concevoir et expérimenter des solutions concrètes répondant simultanément aux problématiques agricoles et à la gestion des déchets urbains.

Avec son projet EcoPulse, l’équipe camerounaise a retenu l’attention du jury. D’après le chef du groupe, Audrey Yougang, cette innovation repose sur un système intégré de valorisation des biodéchets associant biotransformation par les larves de mouches soldats noires, serre frugale en bambou et production agricole durable. Concrètement, les déchets organiques sont transformés en biofertilisants et en biomasse utile. Les frass (déjections produites par les larves d’insectes) et les composts issus du procédé peuvent servir à la production végétale, tandis que la biomasse larvaire, riche en protéines, est destinée à l’alimentation animale. Une approche qui ambitionne de réduire les déchets, de soutenir une agriculture plus durable et de favoriser la création d’emplois verts.

Devenir une référence de l’économie circulaire

Cette performance a valu à EcoPulse un chèque de cinq millions de francs CFA, devant l’équipe Agro Boucle, installée dans la ville de Goma et représentant la RDC, classée deuxième du concours. Cette reconnaissance met en lumière la capacité des ingénieurs agronomes formés à l’Université de Dschang à transformer leurs compétences scientifiques en solutions innovantes face aux défis environnementaux auxquels est confronté le Cameroun. « Faire d’EcoPulse une référence africaine de l’économie circulaire en développant un modèle innovant et reproductible de valorisation des biodéchets, capable de transformer les défis environnementaux en opportunités de développement durable, de sécurité alimentaire et de création d’emplois verts », telle est la vision que communique le leader.

Revenus à l’Université de Dschang après leur sacre, les membres d’EcoPulse ont soutenu, chacun, son mémoire de Master recherche à la Faculté d’Agronomie et des Sciences agricoles au mois de juillet 2026. Ils ont ainsi acquis des compétences supplémentaires qui bonifient leurs profils d’ingénieurs. Audrey Yougang (Ingénieure agronome spécialisée en Productions végétales & Master Recherche en Protection des végétaux et entomologie agricole), Franck Davis Che (Ingénieur du Génie rural & Master Recherche en Énergie et machinismes agricoles), Arnold Parfait Nkwengwa (Ingénieur agronome spécialisé en productions animales & Master Recherche en Amélioration génétique des animaux et systèmes de production), Kuinta Ngassa (Ingénieure agronome spécialisée en Productions végétales & Master Recherche en Protection des végétaux & Malherbologie) et Vanessa Ngongang (Ingénieure agronome spécialisée en économie et sociologie rurales & Master en vulgarisation agricole, innovation et développement) forment une mayonnaise où chaque spécialité vaut son pesant d’or. Marty Mondzali, une Congolaise basée à Brazzaville, complète cette team gagnante. C’est elle qui a préparé une partie du matériel ayant permis les expérimentations dans le cadre de la compétition.

Prochaine étape : la création administrative de cette startup pour accélérer le développement du concept sous le mentorat de l’OIF. Les dispositifs d’incubation existants à l’UDs ne manqueront pas d’aider.