VIH-diabète-hypertension artérielle
Au cœur de la meilleure thèse de la Dschang School of Health and Life Sciences en 2026
À l’Hôpital central de Yaoundé, que devient le traitement contre le VIH lorsque le virus cohabite dans le même corps avec un diabète de type 2 et une hypertension artérielle ? Stanis Widrel Zambou Nanfack s’est penché sur cette question dans sa thèse de Doctorat d’exercice en médecine générale. Elle est intitulée : « Réponse virologique au traitement antirétroviral chez les personnes vivant avec le VIH/SIDA et double comorbidité : diabète et hypertension artérielle à l’Hôpital Central de Yaoundé ». Il a soutenu ce travail le 16 juillet 2026 à la Faculté de Médecine et des Sciences Pharmaceutiques de l’Université de Dschang. Ce volume a reçu le prix de la meilleure thèse de la Dschang School of Health and Life Sciences pour le compte de l’année 2025-2026.
Grâce aux antirétroviraux, les personnes porteuses du VIH vivent plus longtemps et développent désormais, comme le reste de la population, des maladies chroniques non transmissibles. Au Cameroun, la prévalence du VIH atteignait 2,6 % en 2024, contre 24,9 % pour l’hypertension artérielle et 4,3 % pour le diabète de type 2. Dans la même année, quelque 1,8 % de la population cumulait ces dernières affections. D’où une interrogation centrale : cette « double comorbidité » affecte-t-elle l’efficacité du traitement antirétroviral ?
Pour y répondre, le chercheur a étudié 421 patients à l’Hôpital central de Yaoundé. L’hypertension concerne 26,4 % des personnes vivant avec le VIH tandis que 7,1 % d’entre elles souffrent de diabète de type 2. Un patient sur vingt (4,5 %, soit 19 patients) cumule les deux affections, tandis que 71 % n’en présentent aucune des deux. Parmi les patients souffrant de cette double comorbidité, un sur six connaît un échec virologique, soit une charge virale insuffisamment contrôlée. La différence avec les autres patients ne s’avère toutefois pas statistiquement significative, même si la tendance suggère une exposition accrue à l’échec thérapeutique. Trois facteurs aggravants ressortent : la mauvaise observance thérapeutique, qui multiplie le risque par 6,5 ; la co-infection à l’hépatite B, associée à un risque huit fois plus élevé ; et le faible niveau d’instruction, qui multiplie le risque par 2,3.
Des mesures à prendre
Face à ces résultats, le chercheur recommande au Ministère de la Santé publique un dépistage systématique et trimestriel des maladies non transmissibles chez les personnes vivant avec le VIH. Il préconise également, auprès du personnel soignant, l’intégration de la mesure de la pression artérielle et de la glycémie à jeun au bilan trimestriel, ainsi qu’un renforcement de la formation continue. Aux chercheurs, il suggère enfin des études de cohorte prospectives et multicentriques sur des échantillons plus larges.
Ce travail a été mené sous la direction de trois figures de la médecine camerounaise. Le Prof. Charles Kouanfack, épidémiologiste hospitalo-universitaire, enseignant-chercheur à la FMSP de l’UDs, est chef de service du jour à l’Hôpital central de Yaoundé (HCY). Il est l’un des grands noms de la lutte contre le VIH en Afrique centrale. La co-directrice, Prof. Liliane Mfeukeu Kuate née Kwa, dirige le service de cardiologie dans la même formation hospitalière que le premier. Ses travaux de recherche portent en grande partie sur l’hypertension artérielle. Le second co-directeur, le Dr Sylvain Raoul Simeni Njonnou, interniste et chef du Centre médico-social de l’Université de Dschang, a publié plusieurs travaux sur les pathologies à l’étude dans le travail du néo-médecin.
Le Dr Stanis Widrel Zambou Nanfack est né le 22 septembre 2002 à Dschang. Il mène toutes ses études primaires et secondaires dans cette ville jusqu’à l’obtention de son Baccalauréat C au Lycée bilingue de Zenmeh, situé au sud de la cité. En 2025, sur 596 candidats admis, il se hisse au rang de major à l’issue de l’Examen national de Synthèse clinique et thérapeutique. À 24 ans et désormais médecin généraliste, il a le regard tourné vers la spécialisation. Il se prépare à affronter les épreuves de l’Examen national d’Aptitude y afférent. « La médecine interne » constitue sa ligne d’horizon. À travers sa thèse d’exercice en médecine générale, l’Université de Dschang contribue à mieux expliquer les interactions entre VIH et maladies chroniques non transmissibles, avec un objectif concret : améliorer la prise en charge des patients vivant avec ce virus au Cameroun.

