𝗨𝗻𝗶𝘃𝗲𝗿𝘀𝗶𝘁𝗲́ 𝗱𝗲 𝗗𝘀𝗰𝗵𝗮𝗻𝗴

Q𝘂𝗲𝗹 𝗮𝘃𝗲𝗻𝗶𝗿 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗽𝗿𝗼𝘁𝗼𝘁𝘆𝗽𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗺𝗲́𝗱𝗶𝗰𝗮𝗺𝗲𝗻𝘁𝘀 𝗳𝗼𝗿𝗺𝘂𝗹𝗲́𝘀 ?

Ces derniers jours, l’équipe de communication de l’Université de Dschang a mis en lumière plusieurs formulations thérapeutiques issues des travaux de recherche des étudiants qui viennent d’achever les sept années d’études en pharmacie. Les milliers de commentaires publiés sur les pages de l’UDs sur les réseaux sociaux témoignent d’une véritable impatience de voir ces médicaments rejoindre les rayons des pharmacies de nos villes. Les articles de vulgarisation diffusés jusqu’ici ne présentent toutefois qu’un échantillon des innovations proposées par les nouveaux docteurs en pharmacie. D’autres lauréats ont notamment formulé des médicaments à visée antidiabétique, antiarthritique ou encore hépato-protectrice.

Invitée à présider plusieurs jurys de pharmacie à l’occasion des soutenances de la troisième promotion de cette filière à la Faculté de Médecine et des Sciences Pharmaceutiques (FMSP) de l’Université de Dschang, la Directrice générale du Laboratoire National de Contrôle de Qualité des Médicaments et d’Expertise (LANACOME), le Prof. Rose Ngono Mballa, a rappelé que le chemin qui sépare ces prototypes de leur mise sur le marché reste encore long. Avant toute commercialisation, des études scientifiques complémentaires, notamment sur la toxicité, devront être réalisées. Elles seront suivies d’une série d’essais précliniques et cliniques conformément aux exigences réglementaires. En matière de médicament, aucune approximation n’est permise. La Directrice générale du LANACOME l’a d’ailleurs affirmé : les portes de l’institution qu’elle dirige sont largement ouvertes pour accompagner les chercheurs et contribuer à accélérer ce processus.

𝑷𝒐𝒖𝒓𝒒𝒖𝒐𝒊 𝒍𝒆𝒔 𝑴𝑻𝑨 ?

Une précision mérite d’être apportée. La majorité des formulations réalisées par les nouveaux pharmaciens « made in UDs » appartient à la catégorie des Médicaments Traditionnels Améliorés (MTA). Cette appellation a suscité quelques critiques sur les réseaux sociaux. Pourtant, depuis l’adoption de la loi de 2024, la médecine traditionnelle est officiellement reconnue comme une composante du système de santé camerounais. Par ailleurs, les documents de la Direction de la Pharmacie, du Médicament et des Laboratoires du Ministère de la Santé publique consacrent officiellement la catégorie des Médicaments Traditionnels Améliorés. Les recherches conduites à l’Université de Dschang s’inscrivent donc pleinement dans le cadre de la réglementation nationale.

Le principal défi consiste désormais à structurer un véritable processus de valorisation permettant de transformer les formulations issues des thèses de pharmacie en produits répondant aux exigences de l’homologation. À court terme, le doyen de la FMSP souhaite assurer la protection juridique de ces résultats de recherche. Dans cette perspective, le Prof. Siméon Pierre Choukem a convié les jeunes chercheurs à une réunion de concertation. Il les encourage également à développer des compétences entrepreneuriales en s’appuyant sur les incubateurs présents sur le campus de l’Université de Dschang. À plus long terme, il imagine la création d’une entreprise portée par l’Université de Dschang dans le domaine de la phytopharmacie. Celle-ci aurait pour mission d’accélérer le développement scientifique des prototypes, de conduire les procédures d’homologation, d’assurer leur production industrielle et d’en organiser la commercialisation.

𝑽𝒆𝒓𝒔 𝒍𝒂 𝒏𝒂𝒊𝒔𝒔𝒂𝒏𝒄𝒆 𝒅𝒆 « 𝑼𝑫𝒔 𝑷𝒉𝒂𝒓𝒎𝒂 » ?

Les conditions semblent d’ailleurs de plus en plus favorables à la création d’une entreprise universitaire à vocation pharmaceutique. Depuis plusieurs années, le concept d’« université-entreprise » occupe une place importante dans les orientations gouvernementales. La loi du 25 juillet 2023 portant orientation de l’enseignem…