Symposium international

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Les chercheurs tracent de nouvelles perspectives pour l’éthique de la souvenance en contexte (post) colonial pour la paix et le développement de l’Afrique à l’UDs

Dschang, UDs/SIC–18/04/2019. L’Université de Dschang (UDs) a abrité du mardi 16 au jeudi 18 avril 2019 le symposium international sur « Mémoire, paix et développement en Afrique : réflexions sur une éthique de la souvenance dans un contexte (post)colonial », organisé par l’Équipe de Recherche en Mémoire, Média et Interculturalité (ERMEMIC) du Centre de Recherche en Espace, Arts et Humanité (CEREAH) de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines (FLSH). Pendant trois jours, à l’Amphi 1000 sis au campus principal de l’UDs, historiens, littéraires, politologues, philosophes, biologistes, se sont penchés sur les questions et paradigmes mémoriels afin d’en évaluer les impacts sur la mise en place d’une paix et d’un développement durables en Afrique. Ils étaient 113 chercheurs, venus du Sénégal, du Ghana, de différentes universités du Cameroun et d’Allemagne. Parmi eux, il y avait 73 anciens boursiers de la DAAD.

Sur l’opportunité d’une telle rencontre, le Pr Albert Gouaffo, président de l’ERMEMIC a affirmé : « prenant à témoin les conflits qui existent en Afrique, on constate quelque part il y a une rupture, et il est temps de s’arrêter pour se ressourcer, pour se reconnecter au passé. C’est pour cela que nous avons jugé important de réunir les savants d’Afrique pour réfléchir et dégager quelques pistes qui pourraient servir à nos leaders ». Le Pr Roger Tsafack Nanfosso, Recteur de l’UDs, a précisé, en présidant la cérémonie d’ouverture, qu’il était question pour l’institution de prendre une part active à la construction de la société où elle est implantée : « L’UDs se refuse de se taire lorsque de grands débats interpellent nos sociétés. Nous essayons à partir des démonstrations rigoureuses et des apports venant d’Afrique et des autres pays du monde de contribuer à la décision publique […] Quel est le pays qui peut se développer sans la mémoire ? Il n’y en a pas. Le monde entier est bâti à partir de sa mémoire. C’est parce que nous savons ce qui s’est passé hier qu’on peut imaginer ce qui va se faire demain ». Pour le Pr Maurice Tsalefac, Doyen de la FLSH, ce « thème vitalement évocateur » est la preuve que « les fleurs du CEREAH commencent à tenir leurs promesses ».

La leçon inaugurale du Pr David Simo a donné le ton aux travaux. En relevant les connections profondes entre mémoire et vivre ensemble, il a insisté sur le concept de « gestion mémorielle ». « Le passé étant présent dans le présent à travers la mémoire que le présent se fait du passé dans la perspective d’un future envisagé », il est opportun d’encourager une « souvenance à visée thérapeutique […] d’engager un travail mémoriel pour créer une généalogie collective », dit-il. Et « tout commence à l’université pour bâtir un récit national […] Il n’y a pas d’État sans construction de cet État », ajoute-t-il. Durant les travaux qui s’en sont suivis, la mémoire comme activité mnémonique, la mémoire de l’Afrique en l’occurrence, aura été sondée et scrutée dans toutes ses dynamiques et ses variantes. Elle l’a été aux prismes de la littérature, du patrimoine, de l’histoire, des discours politiques et sociaux et de l’anthropologie sociale. Au sortir de ce symposium, les chercheurs ont convenus que la mémoire de l’Afrique, disputée et parfois gommée, demeure dynamique et que son contenu doit être actualisé. Elle est une somme plurielle. « Il y a trop de mémoires » constate le Pr Albert Gouaffo.

En guise de perspectives, il a été convenu la nécessité de structurer l’ingénierie de l’actualisation de la mémoire africaine, de trouver des points d’intersections à partir desquels articuler le vivre-ensemble indispensable pour la paix et le développement de l’Afrique. Un travail de recherche archivistique sur les lois, la diplomatie doit être effectué. Il s’agit également d’œuvrer pour le rapatriement des objets patrimoniaux gardés dans les musées non-africains, d’encadrer les lieux de mémoire en tant que repères pour lire le passé, afin de réécrire intégralement la mémoire africaine. Du point de vue de la géostratégie, il a été convenu que la mémoire peut permettre de penser la puissance étatique et de ré articuler le marketing de la géopolitique et de la géostratégie africaines sur des bases qui pourraient lui permettre de (re) négocier avantageusement, sa place dans le monde. En œuvrant également en faveur d’une « mémoire du futur », c’est-à-dire en posant dès le présent des actes qui seraient motifs à fierté dans l’avenir, l’on jettera ainsi les fonds baptismaux d’un cosmopolitisme endogène. /LP

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