Interview du  Dr Félix Meutchieyé

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« Le programme a consisté à former des entrepreneurs agro-pastoraux de qualité » 

Dschang, UDs/SIC–10/09/2018. La Ferme d’application et de recherche de l’Université de Dschang (FAR-UDs) a servi de formation pratique et intense à de jeunes étudiants désireux d’allier à leurs connaissances théoriques un savoir-faire pratique dans le domaine agro-pastoral dans le cadre d’un stage organisé depuis le  23 juillet 2018. Le Dr Félix Meutchieyé, le responsable de la ferme, par ailleurs enseignant à la Faculté d’Agronomie et des Sciences Agricoles (FASA) revient sur les objectifs initiaux, le déroulement et les principaux résultats de ce programme de stage.

La FAR-UDs a abrité ces dernières semaines un programme de stage qui est parvenu à son terme. Pouvez-vous procéder une présentation sommaire de la ferme ?

La Ferme d’application et de recherche (FAR) de la FASA de l’UDs propose comme service d’accompagnement à la fois aux chercheurs, enseignants, mais aussi et surtout aux étudiants qui forment un tout petit peu le gros. Elle  s’intègre dans l’objectif de l’entrepreneurship, de la formation des étudiants qui soient des entrepreneurs dans le domaine agricole. En effet, la ferme donne l’infrastructure en même temps qu’elle donne l’environnement qui permet à ces étudiants de s’exercer et aux chercheurs de pouvoir tester les résultats de leurs recherches en grandeur nature et dans un milieu plus ou moins contrôlé. Elle est installée au campus principal de l’UDs, mais aussi à Bansoa à une vingtaine de kilomètres d’ici. Pour l’instant, sur la ferme principale, nous avons essentiellement quelques espaces destinées aux expérimentations agricoles, mais aussi quelques petits espaces de production de la banane-plantain, du maïs, quelques étangs de pisciculture, un troupeau de bovins, et de temps en temps des bandes de poulets de chairs. Pour Bansoa, c’est essentiellement le plantain pour le moment et des semences de maïs destinées à la production de qualité pour la campagne de l’année prochaine.

Quels étaient les objectifs du stage et comment s’est-il déroulé ?

Dans le cadre de la contribution à la formation à la fois des étudiants, mais aussi de quelques personnes de l’externe, la ferme met à disposition des programmes de stage qui sont des programmes de renforcement des capacités et qui touchent aussi bien le domaine végétal qu’animal. De plus en plus, nous envisageons toucher des volets qui sont liés à l’énergie ou à la gestion de l’énergie de transformation quand les moyens vont nous être suffisamment favorables. Pour ce qui est des stages qui ont été ouverts le 23 juillet de cette année, il était question de donner aux étudiants qui en avaient manifesté la volonté, des opportunités d’apprendre, de pouvoir réaliser un business plan, de pouvoir réaliser par eux-mêmes un itinéraire technique, dans une spéculation de leur choix. Nous avons opté pour une vingtaine de spéculations partant des plantes médicinales qui sont tout à fait des spéculations nouvelles dans notre environnement agronomique ; mais aussi à d’autres techniques usuelles comme les techniques des plants greffés pour des multiplications de bananiers par pifs pour résorber la grosse demande des bananiers-plantains qui sont sains. Dans ce cadre, et fort des potentialités qui existaient déjà, une quarantaine d’étudiants ont souscrit, essentiellement de l’UDs, du niveau 1 jusqu’en Doctorat et de différentes options. Ils se sont inscrits volontairement pour une quarantaine de jours. 29 ont pu tenir jusqu’à la fin. Certains pour des raisons qui leur sont propres, 11, ont démissionné au cours du programme. Nous comptabilisons, en dehors des 29 étudiants qui sont venus de l’UDs, deux étudiants qui sont venus de l’École des sciences de médecine vétérinaire de l’Université de Ngaoundéré. Nous avons reçu également un étudiant venant du College of Technology de l’Université de Bamenda et une étudiante qui est venue du Collège régional d’agriculture d’Ébolowa.

Le programme a consisté à former des étudiants avec l’aide de notre ingénieur-cadre qui est lui-même un produit de la FASA. Les motivations des stagiaires ont clairement été prises en compte ; puisqu’ils voulaient allier à la théorie qu’ils ont reçue au courant de l’année des aspects pratiques qui pouvaient les booster quant à produire un parcours eux-mêmes. Dans ce sens, il y a trois rencontres qui ont été organisées avec des professionnels. L’ensemble a permis aux étudiants de mener les différentes activités et de les résumer dans un rapport de stage qui permet de valider ce denier et de leur remettre une attestation.

À quels résultats est-on parvenu au terme de ce programme de stage et quels sont les perspectives ?

Ces stages ont permis de modifier la physionomie de la ferme. Il y a des parcelles qui sont plus ou moins bien présentables qui peuvent permettre à l’université de présenter l’impact qu’elle peut avoir sur la formation des entrepreneurs agro-pastoraux de qualité. Cela a pu permettre de valoriser des espaces et créer une émulation en termes d’espaces de démonstration qui permettent à l’université d’améliorer sa visibilité. Quelques-uns nous ont dit avoir entrepris leurs propres parcelles dans des terrains familiaux ou en dehors et envisagent peut-être de créer une entreprise. Pour nous, c’était cela le but, contribuer au renforcement de la sécurité alimentaire. Nous espérons à termes pouvoir monter une sorte de collaboration à la fois avec la communauté universitaire, mais aussi avec les communautés qui environnement l’université et pour l’université travaille ; pour offrir non seulement des produits mais aussi ces services de formation. Nous espérons qu’avec les appuis substantiels de la hiérarchie, les informations complémentaires pourront être données prochainement pour les cycles de formation. Nous projetons tout le long de l’année organiser deux types de stage, notamment des stages permanents, sur demande. Cela veut dire que si quelqu’un, quel que soit le domaine dans lequel il veut se former, pourvue que ce soit dans le domaine agro-pastoral, sollicite une formation, nous allons essayer de travailler soit directement à l’intérieur de la ferme, soit à l’extérieur avec les partenaires que nous sommes en train d’identifier. De l’autre côté, nous entendons organiser des formations de courte durée, de renforcement de capacité, pointues sur des actes qui pourraient intéresser différents acteurs./

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