Conférence
Le Professeur Tsala Mbani dénonce l’idéologie des entreprises néolibérales
Dschang, SIC/UDS 10- 03- 2026.À l’Université de Dschang, la pensée critique reprend toute sa centralité. La conférence consacrée au thème « Le néolibéralisme ou le fondamentalisme du marché : l’humanité est-elle otage du gangstérisme idéologique des industries ? » s’impose comme un moment intellectuel d’une rare intensité, où la philosophie se met au service du déchiffrement des dynamiques contemporaines.
Portée par 𝐀𝐧𝐝𝐫𝐞 𝐋𝐢𝐛𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐓𝐒𝐀𝐋𝐀 𝐌𝐁𝐀𝐍𝐈, Professeur titulaire de philosophie et Vice-doyen chargé de la coopération à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines, cette réflexion s’inscrit dans une trajectoire académique marquée par une rigueur conceptuelle et un engagement constant pour une lecture critique des systèmes de pouvoir. Spécialiste des questions éthiques, politiques et épistémologiques, il interroge ici la prétendue neutralité du marché, qu’il déconstruit comme une « idéologie totalisante, qui s’impose comme une évidence fabriquée ». Il insiste : « Nous sommes face à un système qui ne tolère plus la contradiction, car il se présente comme la seule rationalité possible ».
Sous la modération du Professeur 𝐀𝐥𝐞𝐱𝐚𝐧𝐝𝐫𝐞 𝐃𝐉𝐈𝐌𝐄𝐋𝐈, la conférence de ce Jeudi, 09 Avril se structure comme un véritable exercice de lucidité intellectuelle. Le conférencier soutient que le néolibéralisme ne se limite pas à un modèle économique : il constitue un cadre normatif global, façonnant les comportements, orientant les politiques publiques et redéfinissant les rapports sociaux. « Le marché n’est plus un instrument, il devient une fin en soi, au point d’absorber l’humain dans sa logique et de redéfinir jusqu’à nos désirs », affirme-t-il avec force, provoquant une attention soutenue dans l’assistance.
La présence du Recteur de l’Université de Dschang, le Professeur 𝐑𝐨𝐠𝐞𝐫 𝐓𝐒𝐀𝐅𝐀𝐂𝐊 𝐍𝐀𝐍𝐅𝐎𝐒𝐒𝐎, confère à cette rencontre une portée institutionnelle significative, traduisant l’engagement de l’université à promouvoir des espaces de réflexion critique sur les enjeux globaux. Dans son propos introductif, la Doyenne 𝐑𝐨𝐝𝐨𝐥𝐩𝐡𝐢𝐧𝐞 𝐒𝐲𝐥𝐯𝐢𝐞 𝐖𝐀𝐌𝐁𝐀 rappelle que « l’université ne doit pas être un simple lieu de transmission, mais un espace de résistance intellectuelle face aux évidences imposées ».
Au-delà de l’exposé, les échanges avec le public prolongent la réflexion en mettant en tension les thèses avancées. Cette interaction révèle une communauté académique attentive, soucieuse de comprendre les mécanismes par lesquels les industries et les puissances économiques influencent les trajectoires sociales.
Parmi les réactions, celle de 𝐙𝐀𝐍𝐊𝐈𝐀 𝐃𝐞𝐧𝐢𝐫𝐨, étudiant en Master 2 de philosophie, se distingue par sa profondeur : « Cette conférence nous oblige à sortir d’une posture passive. Elle nous rappelle que penser, c’est résister. Le Professeur TSALA MBANI met des mots sur des maux que nous vivons sans toujours conceptualiser : Un monde où l’économie tend à dicter jusqu’à notre manière d’exister. » une société animée par des égoïstes déshumanisés qui campent sur la liberté de leur pouvoir économique pour brader la valeur humaine.
Il poursuit, visiblement marqué : « Ce que je retiens surtout, c’est cette idée que le néolibéralisme n’est pas seulement un système économique, mais une manière d’habiter le monde. Et c’est précisément cela qui le rend dangereux si nous ne développons pas des outils critiques. »
En filigrane, cette conférence met en lumière une exigence fondamentale : réhabiliter la pensée critique face à la montée des logiques marchandes. Elle rappelle que la mission de l’université ne se limite pas à transmettre des savoirs, mais consiste également à former des consciences capables de résister aux formes contemporaines de domination idéologique.
Ainsi, loin d’un simple exposé, cette rencontre s’affirme comme une contribution majeure à la réflexion sur les rapports entre économie, pouvoir et humanité, tout en consacrant la stature intellectuelle du Professeur TSALA MBANI comme l’une des voix les plus lucides de la philosophie contemporaine en contexte africain.

