Escale en amphi

Au cœur d’un cours en FLSH, des novices se frottent à la Linguistique générale

En ce début du mois de novembre, la communauté universitaire de Dschang boucle son premier mois d’enseignements pour l’année académique 2026 2027. Un espace temporaire pendant lequel, les enseignants et étudiants ont déjà suffisamment pris le train de l’année, chaque enseignant prenant au plus grand sérieux ses enseignements. Une escale dans un amphi théâtre a permis cet après-midi du 3 novembre 2026, de constater une belle allure de la participation des étudiants de niveau 1 à leur cours de Linguistique générale.

Au lendemain de l’Assemblée générale de la faculté des lettres au cours de laquelle la professeur Rodolphine WAMBA, Doyen, félicitait déjà les enseignants pour leur dévouement, notre rédaction s’est déportée ainsi sur les lieux d’un cours choisi au hasard . À l’amphi 451 où se déroule le cours de Linguistique générale, le Professeur GASTON NKENGUE et le Docteur KOUAKOU BRICE vont entretenir les étudiants pendant quatre heures à la découverte des fondements scientifiques de la langue et du langage.

Pourquoi étudier la linguistique lorsqu’on s’engage dans une formation en lettres ? Fil conducteur de cette journée d’enseignement cette interrogation est au fondement même de la discipline. Pour l’enseignant, il est «difficile d’aborder sérieusement les lettres sans s’intéresser à la langue, principal instrument de production et de transmission du langage». La linguistique générale, en tant que science du langage, constitue ainsi une porte d’entrée pour ces jeunes universitaires de comprendre les mécanismes qui entourent les langues et leur fonctionnement dans les sociétés humaines. Déjà , on le sait, la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines offre des formations fondamentales sur plusieurs langues : français, anglais, allemand, l’espagnol, l’italien, le chinois.

Dans un ton à la fois pédagogique et illustratif, le Professeur Gaston Nkengue Maître de Conférences, conduit progressivement les étudiants à la découverte des notions fondamentales.

À travers un support imprimé de 24 pages pour la première partie, on y découvre des travaux de Ferdinand de Saussure, considéré comme le père de la Linguistique générale, aux différentes approches théoriques du langage, les explications s’appuient sur des auteurs et des ouvrages de référence. L’objectif est de ne pas enfermer les apprenants dans de simples définitions, mais de leur permettre de comprendre les concepts à partir d’exemples concrets.

Au fil de la séance, une question retient particulièrement l’attention : pourquoi le langage est-il une institution humaine ? Plusieurs étudiants tentent d’apporter des éléments de réponse. Les échanges permettent alors de confronter les premières connaissances aux explications de l’enseignant. Le cours prend ainsi une dimension interactive, où les apprenants ne sont pas de simples auditeurs, mais participent à la construction de leur compréhension. Dans la même foulée, les notions de double articulation, développées notamment par André Martinet, occupent également une place dans les explications. À cela s’ajoute le schéma de la communication de Roman Jakobson, avec ses 6 éléments. Un modèle que les étudiants avaient déjà abordé au niveau secondaire au lycée, mais qu’ils redécouvrent ici dans une perspective plus approfondie.

Pour donner davantage de relief à ses explications, le Professeur Gaston Nkengue convoque plusieurs références scientifiques, et images dans la société, parmi lesquelles des travaux universitaires récents, les panneaux de signalisation… Une manière de montrer que les phénomènes linguistiques peuvent être étudiés à partir de réalités sociales diverses.

Au terme de ces quatre heures d’enseignement, les étudiants repartent avec de nouvelles pistes de réflexion sur les rapports entre langue, langage. Cette troisième séance qui n’est pas là, première, et qui ne sera pas l’unique non plus constitue une étape supplémentaire dans leur familiarisation avec les outils indispensables à leur parcours universitaire.