Service à la société

L’Université de Dschang veut transformer de jeunes lycéens en capitaines  d’industries chimiques 

Dans le cadre de son service à la société, l’Université de Dschang, depuis plusieurs années, multiplie des initiatives pour permettre aux élèves encore au lycée de découvrir leurs vocations. Cela les aide à mieux choisir leurs filières de formation universitaire après leurs études secondaires. Le Festival de Chimie est un de ces dispositifs de médiation mis en place. Porté par la Faculté des Sciences, organisé par le département de Chimie, il a lieu depuis 2024.  Il bénéficie du soutien de l’American Chemical Society. La troisième édition s’est tenue le 12 février 2026 au sein de l’Amphithéâtre 600 du campus C à Dschang. L’événement a eu lieu sur le thème : « Appropriation de la chimie dans notre vie quotidienne et le développement du Cameroun ».

Les élèves de onze établissements d’enseignement secondaire ont répondu positivement à l’invitation de l’Université de Dschang pour cette troisième édition du Festival de Chimie : Lycée classique de Dschang, Lycée bilingue de Dschang, Lycée bilingue de Zenmeh, Lycée bilingue de Toula-Ndzong, Collège Albert Camus, Institut privé polyvalent la Réforme (IPPR), Collège Notre-Dame de l’Immaculée conception, Lycée de LITIEU, Lycée de Fonakeukeu, Lycée de Batseng’la, Rainbow Bilingual College. Au total, ce sont 353 collégiens et leurs encadreurs qui ont honoré le rendez-vous. Point focal de cette initiative, le Prof. Patrice Kenfack Tsobnang a fait, à l’attention de ces jeunes, l’éloge de la discipline. « Cet événement a pour but de créer en vous l’engouement pour la chimie. Parce que la chimie, c’est la base de notre vie », leur a-t-il indiqué à l’occasion de la cérémonie d’ouverture.

Entreprendre par la chimie

La démonstration de l’importance de la chimie s’est faite à travers plusieurs ateliers pratiques. Ces invités ont pu toucher du doigt le processus des réactions chimiques débouchant sur des produits qu’ils utilisent très souvent : la colle à papier, les savons, les détergents, l’eau de javel. Ils ont pu découvrir l’application de cette phrase prononcée à leur endroit par le Prof. Patrice K.T. : «  Parfois, sans le savoir, nous faisons de la chimie au quotidien ».  Une discussion avec Danielle Tofack, étudiante de Licence 3 en chimie, en charge de la démonstration de la fabrication de la colle à papier, a permis aux lycéens et lycéennes de sonder les rêves d’une passionnée de la discipline. « J’ai opté pour la chimie des processus biologiques. Mon rêve est d’apporter ma contribution au traitement du cancer, une maladie dont la mortalité est très élevée dans notre pays. Je vais pour cela explorer les plantes », leur a-t-elle répondu en toute sérénité.

Autre articulation de cette journée de « création d’engouement » pour la chimie : le passage d’une idée de chimiste à la création d’entreprise. Le Dr  Yannick Sakam, promoteur de CleamChem, une compagnie de production des produits chimiques, a fait la démonstration de ce qu’il est possible d’être bon étudiant de chimie et de devenir créateur de richesses grâce aux connaissances engrangées dans cette discipline scientifique. Il doit toute sa formation en chimie à l’UDs :  Licence en 2017, Master recherche en 2019, Doctorat en 2025. Son entreprise, installée à Bafoussam et à Dschang, fabrique tous les intrants utilisés par les « blanchisseries », communément appelées « pressings ». Et pour valoriser sa marque, il l’utilise pour faire fonctionner sa propre blanchisserie qui a aujourd’hui deux agences. À l’endroit de son auditoire, il a eu ces propos : « La chimie est une matière stratégique. Et je vous encourage à vous inscrire dans cette filière après votre Baccalauréat. J’ai été formé dans cette université. En matière de chimie, je peux vous assurer que le niveau de la formation est très bon. »

Rainbow College, champion !

Un match des incollables a opposé les établissements présents, représentés, chacun, par deux élèves. Les questions posées relèvent du programme de chimie de la classe de seconde francophone. Rainbow Bilingual College s’est adjugé le premier prix. Il a obtenu 18 points sur 18 possibles. Le Collège Notre Dame de l’Immaculée conception et le Lycée Bilingue de Dschang ont respectivement obtenu le deuxième et le troisième prix. Certains participants, plutôt attirés au départ par la physique, les mathématiques ou l’informatique, ont indiqué leurs tentations de s’inscrire en chimie au lendemain de l’obtention de leur Baccalauréat ou de leur GCE/AL.

Pour renforcer leurs convictions, les élèves ont eu droit aux conseils bienveillants du chef de département de Chimie. Prof. Ingrid SIMO KONGA FODJO leur a déroulé le chapelet de possibilités professionnelles qui s’offrent aux diplômés de chimie : « Au-delà des enseignants-chercheurs que nous sommes, il y a le secteur industriel compartimenté en plusieurs sous-champs. Les entreprises qui opèrent à partir de la chimie au Cameroun fabriquent des produits pharmaceutiques, cosmétiques, brassicoles, agricoles, hygiéniques, entre autres. Nous avons d’anciens étudiants qui sont devenus de hauts cadres dans ces compagnies industrielles. Certains ont créé des entreprises micro-industrielles. Donc, nous vous attendons pour vous mettre sur le chemin de ces opportunités », a-t-elle affirmé. À travers le « Festival de Chimie », l’Université de Dschang est sans doute en train de créer de futurs capitaines d’industrie, tant il y a à faire au Cameroun dans le domaine du génie chimique. /