GRANDE CONFÉRENCE

conference

« L’exploitation minière au Cameroun : état des savoirs, enjeux techniques et perspectives pour le développement des projets structurants »

Note de présentation

Jusqu’à la fin de la décennie 2000, il n’existait pas d’écoles de formation dans le domaine de la mine au Cameroun. Les entreprises installées en territoire camerounais recrutaient des jeunes sortis des facultés et écoles classiques. Ces derniers devaient suivre une formation spécifique ou un recyclage pendant 2 à 3 ans pour être véritablement opérationnels. Depuis 2011, la constitution d’une offre nationale de formation apparait comme un début de solution face à ce déficit dans un secteur que l’on présente comme étant crucial pour le développement du pays.

Par la création de l’Ecole des mines de Meiganga, suivie de l’Institut du pétrole de  Kaélé, de la Filière de formation professionnelle en géologie appliquée, mines et pétrole de l’Université de Dschang, etc., des techniciens (agent d’application et cadres) sont mis à la disposition du tissu économique national. Théoriquement, ces derniers sont capables de contribuer efficacement à l’exploration et à l’exploitation de l’important gisement minier du Cameroun dont on postule que seulement 40% du potentiel est connu. Les ressources humaines ainsi formées sont en principe assurées d’un emploi soit par le recrutement dans des entreprises existantes, soit par leur investissement propre. L’Etat a d’ailleurs aménagé un cadre pour faciliter leur insertion professionnelle. Par exemple, les multinationales installées au Cameroun ont dans leur cahier de charges le recrutement de cadres camerounais.

Lors de la première conférence internationale sur la mine au Cameroun en mai 2013, l’on a observé un certain engouement des entreprises, puisqu’une soixantaine d’entre elles avait pris part aux travaux. Une des résolutions de cette conférence était qu’elle se tienne tous les 2 ans. A la deuxième édition en mai 2015, l’on a enregistré moins de 20 entreprises. En 2017, la programmation de cette rencontre n’est pas encore officielle ; ce qui traduit probablement un malaise dans le secteur. A l’observation, il apparaît que de nombreuses entreprises ont ralenti ou arrêté – du moins momentanément – leurs activités. Cette situation est d’autant plus inquiétante que, par exemple, la zone  de Bétaré Oya connue pour sa forte activité aurifère (plus de 100 entreprises en activité en 2010) compte une dizaine d’entreprises – elles sont surtout chinoises – qui fonctionnent aujourd’hui. Toutes les autres ont fermé et quelques-unes se sont redéployées ailleurs dans la région de l’Adamaoua.

L’on se retrouve-là en face d’un double paradoxe qui se manifeste d’une part dans le fait que l’on proclame l’importance du secteur minier pour l’économie nationale alors que les entreprises y réduisent leur activité et d’autre part dans le fait que le déficit de ressources humaines en cours de réduction se heurte à une atrophie de l’activité dans le secteur. Face à ces paradoxes, l’on se pose plusieurs questions : y a-t-il une erreur dans l’affirmation des richesses du sous-sol camerounais tant vantées depuis le temps des explorateurs et autres géophysiciens et géologues allemands? Les outils que l’on possède pour explorer et exploiter sont ils adéquats par rapport aux spécificités des milieux camerounais ? Les débouchés sont-ils suffisants à l’interne et stimulants à l’international ? Les conditions contractuelles de même que le cadre institutionnel et l’environnement des affaires sont-ils incitatifs ? Etc.

L’on peut s’engager à répondre à toutes ces questions. Mais au regard de la conjoncture actuelle, on peut prioritairement expliquer ces paradoxes par un contexte économique international difficile dû notamment à la baisse des cours des matières premières puisqu’une partie de nos minerais est exportée, couplé au contenu du Code minier national qui organise et structure les activités y relatives. Si le contexte international fait partie de l’environnement incontrôlable, il est en légitime de s’appuyer sur des éléments contrôlables, notamment le Code minier dont une version récente a été adoptée et promulguée en décembre 2016.

Cette préoccupation est mise en lien avec le développement du Cameroun. Aussi bien dans le Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE) que dans les différents Plans d’urgence, ce développement est articulé autour de projets dits structurants. Il s’agit en réalité des projets susceptibles d’entraîner le développement de beaucoup d’autres activités et de contribuer sur la durée à un relèvement significatif de la croissance économique et de l’emploi. Parmi les chantiers les plus connus, figure en bonne place ceux consacrés à la résorption du déficit énergétique et de l’eau. Cette résorption passe par le développement de certains sites hydro-électriques et la construction de centrales thermiques (Barrage de Lom Pangar, Centrale à gaz de Kribi, Barrage de Memve’ele, …), du port en eau profonde de Kribi, du Yard pétrolier de Limbe, de la Ceinture céréalière de l’Ouest, des routes Bamenda – Mamfé – Ekok, du Plan d’urgence pour le développement multi-secteur dans le nord-Cameroun, et bien d’autres.

Il est évident que le fer, le cobalt, le zinc, la bauxite, l’or, le magnésium, le pétrole, le manganèse, le nickel, etc., interviennent dans tous ces chantiers. D’où la question de savoir quel peut être l’impact de l’exploration et de l’exploitation minières dans la réalisation de ces projets en particulier et, d’une manière générale, dans la croissance économique, l’emploi et le bien être au Cameroun. 

Cette interrogation est au cœur de la grande conférence que l’Université de Dschang organise sur le thème « l’exploitation minière au Cameroun : état des savoirs, enjeux techniques et perspectives pour le développement des projets structurants. » Cette conférence a lieu le mercredi 17 mai 2017 dans la salle des conférences et des spectacles de l’UDs à Dschang.  Elle aura pour intervenants des plénipotentiaires du ministère des Mines et du développement technologique dont la contribution sera coordonnée par le Conseiller technique auprès du MINMIDT, Prof. Moundi Amidou. Les autres intervenants sont des universitaires, respectivement spécialistes de la géologie/mines et du droit minier ; et des experts  professionnels du secteur minier. L’on aura ainsi réunis sur un même plateau les regards de l’administration, des scientifiques, de la société civile et des pratiquants des métiers de ce champ technique et socioéconomique. La conférence débute à 10 heures précises et s’achève à 12 heures 15 minutes./

 

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